film

Ocean's Twelve : plus c'est gros, mieux ça passe

J'ai fait le gars de base et j'ai visionné Ocean's Twelve hier soir parce qu'il y a une scène dans un coffee shop d'Amsterdam où David et moi sommes allés le week-end dernier. Autant Ocean's Eleven utilisait des ficelles, autant sa suite utilise des cordes.

La suite de cet article est garantie avec spoilers.

On passera rapidement sur le manque de développement des situations, et on s'interrogera sur comment une bande d'américains en Europe arrive à disposer d'un arsenal aussi impressionnant (notamment lors de la scène avec les verrins).

Ensuite, la scène avec le personnage de Julia Roberts qui joue Julia Roberts, c'est complètement n'imp (il faut le voir pour le croire). Finalement, deux twists de fou, totalement irréalistes : la mère du personnage de Matt Damon est en fait haut placée et les sauve tous (genre) et surtout, ils ont triché comme des putes et ont volé l'oeuf de Fabergé depuis perpète grâce à l'aide de LeMarc.

Comme dirait ma mère : "c'est du cinéma".

Directed by Michael Bay

J'ai visionné Transformers en deux fois, et mon scepticisme face à la première partie laisse place à un certain plaisir quant à la deuxième moitié du film, cela grâce à une montée en puissance assez énorme, avec des scènes d'action qui en mettent plein les yeux et des effets spéciaux bluffants.

Reste que le film est très mal monté, et l'on subit plus que l'on ne comprend. Les transitions d'une scène à l'autre sont mal amenées ou carrément inexistantes. Des personnages s'intégrent dans l'action sans raison, font des choses que l'on ne s'explique pas, et l'histoire est finalement assez bidon.

Michael Bay oblige, on n'évite pas certains stéréotypes mais cela reste assez peu appuyé pour être passable. L'humour omniprésent m'a en revanche agréablement surpris, avec quelques répliques bien senties et des situations qui font mouche. De plus, certains plans se permettent d'être très beaux et la mise en scène lors des moments d'action, bien que parfois brouillonne, ose de jolies choses.

Un film qui aurait gagné à plus de cohérence, mais assurément un très bon spectacle.

SiCKO : forces et limites

Sicko, le nouveau film de Michael Moore est disponible depuis quelques jours sur les réseaux Bitorrent. La rumeur veut que cette fuite est organisée, afin de diffuser cette version non censurée le plus largement possible.

Moore fait un état des lieux du système de santé américain, le comparant aux systèmes canadiens, britanniques et français. Si le film a le mérite de faire sourire et surtout de pointer du doigt les responsables d'un système pleinement corrompu, il montre très vite ses limites. Quand le réalisateur s'informe de la situation à l'étranger, il ne dépasse pas le simple "wow, vous ne payez rien pour vous faire opérer". Il n'évoque pas une seule fois le coût que nos systèmes de santé gratuite représente pour l'Etat, restant à une échelle micro-économique.

Des procédés dignes de TF1 viennent également entacher l'argumentaire : zoom sur le visage des gens qui pleurent, rencontres qui font doublons mais qui permettent de jouer la carte de la sensiblerie, et cette mise en scène finale, où Michael Moore se la joue robin des bois.

Faute de proposer une application pratique d'un système de santé gratuite aux Etats-Unis et en en restant au stade superficiel de l'émerveillement à l'étranger, oubliant se faisant d'évoquer les difficultés qu'impliquent l'implémentation de ces systèmes, Michael Moore se "contente" d'une dénonciation bête et méchante. La prise de conscience est là, quid de la volonté d'agir ?

Happy Meal (tonight we dine in hell)

Avant de débuter, rions un peu : "Nine Inch Nails à fond les manetttes sur la bande-son". Les Inrockuptibles se tapent la honte.

Le Metro irlandais se demandait comment un film sans acteurs connus à l'affiche avait réalisé un démarrage aussi spectaculaire outre-atlantique. La réponse est pourtant simple : depuis les premiers trailers, un buzz incroyable s'est créé. 300 est typiquement le genre de spectacle visuel et sonore qu'il faut voir au cinéma. Si l'idée de visionner ce film en screener vous vient à l'esprit, on ne peut rien faire pour vous. Les gens l'ont bien compris, et les séances auxquelles j'ai voulu assister (18:30 et 20:30) à l'UGC étaient déjà complètes. J'ai dû me "contenter" de la plus grande salle d'un cinéma moins moderne, qui s'est rempli elle aussi. Rappel : le film était en preview.

Sinon, qu'est-ce que j'en ai pensé ? Et bien comme prévu, j'ai été choqué par la composition de chaque plan. Peu importe où l'oeil se pose, il y a du mouvement, de quoi s'émerveiller. Les effets de ralenti sont sublimes, et de rares mais jouissifs plans-séquences se glissent ça et là. Le film est bien gore comme il faut et des touches d'humour parsement le film. Je n'ai pas été chamboulé niveau émotion, mais le plaisir se situait ailleurs, et l'équilibre était plutôt bien respecté. La fin m'a surpris, mais elle colle tout à fait à l'esprit du film. En définitive, 300 est un film qui tient toutes ses promesses, une débauche visuelle rare, une ode à l'esprit guerrier qui sommeille en nous. "Spartans, what is your profession ?"

Marie Antoinette

J'ai beaucoup entendu parler de ce film et énormément de temps s'est écoulé depuis que j'ai eu envie de le visionner. Et finalement, ce soir, 10 mois après sa sortie, je le vois en DVD. Que dire si ce n'est que je suis encore sous le choc. Dans l'optique d'un film au rythme lent et trop long, j'ai apprécié le moindre plan, j'ai porté une attention démesurée à chaque détail, et tout se justifie. Le résultat est sublime : la reconstitution est incroyable, les décors sont magnifiques, les acteurs sont impeccables, le tout est d'une justesse rare. Le mot est juste : justesse. Kirsten Dunst est née pour ce rôle. Tout concours à une montée lente et progressive de l'intensité émotionnelle. Le paroxysme est atteint lors des dernières scènes, et la pudeur finale achève le film de la plus belle manière qui soit.

Infernal Affairs Vrs The Departed

Vu que j'ai beaucoup aimé The Departed et que le film est un remake d'Infernal Affairs, je ne pouvais pas passer à côté de ce dernier.



Scorsese n'a pas vu Infernal Affairs avant de réaliser The Departed et ça se ressent. D'un scénario identique sont sortis deux films d'une durée bien différente : 2h30 de Scorsese face aux 1h37 d'Andrew Lau et Alan Mak. En résulte qu'à partir des mêmes situations, la version de Scorsese installe une tension beaucoup plus palpable, et les enjeux apparaissent beaucoup plus clairs. Même si la réalisation d'Infernal Affairs se veut plus stylisée, des fondus mal intégrés (quand des scènes se terminent) et certains plans moyennement cadrés (cf. la scène de l'ascenseur) gâchent un peu le spectacle. Plus classique mais mieux mis en scène, The Departed tire son épingle du jeu. Autre point fort : les relations entre les personnages (notamment entre la psychologue et le flic infiltré) sont beaucoup plus creusées.



En regardant Infernal Affairs, j'étais également heureux d'avoir une première approche du scénario car certaines situations suggérées par la version hongkongaise n'étaient vraiment pas explicites. En bref, j'ai plus apprécié The Departed. Cela s'explique probablement par l'effet de découverte et par le jeu des acteurs. Un mot sur la fin : elle diffère dans The Departed, mais je trouve le dernier plan d'Infernal Affairs beaucoup plus puissant. La superposition passé/présent lie le début et la fin, et implique qu'au delà du camp, c'est l'expérience vécue qui importe.



Bric à brac

Alors qu'il est sorti sur les écrans français à l'occasion du Festival de Cannes le 24 mai, Marie Antoinette est sorti ce vendredi au Canada et aux Etats-Unis par la même occasion. Situation inédite pour un film américain. Alors que je n'en avais strictement rien à foutre lors de sa sortie en France, la campagne médiatique dont il bénéficie ici éveille mon intérêt. Si je ne trouve pas de rip correct dans la semaine je vais peut-être m'aventurer dans les salles obscures.



Je suis impressionné : moi qui me croyait seul capable d'émettre des ultrasons, je viens de trouver un élève en la personne de Natacha(tte), la roomie d'Alexandra. L'oreille humaine ne peut pas localiser précisément d'où viennent les basses. Cela semble être de même avec les ultrasons. J'en lance donc sur demande lorsque je suis d'humeur en soirée.



Le Canada donne faim. J'ai beau manger plus qu'en France, je me sens toujours affamé. Même chose pour Alex, Ben et Antoine.



Les canadiens ne doivent pas être friands de céréales chocolatées : difficile d'en trouver dans les rayons. De même, je trouve plus de céréales Kellogg's dans les rayons d'Auchan en France que dans ceux de Superstore ici. Impossible de trouver des Chocos, des Frosties Choco ou des Crisp-X. J'ai fait un trait sur les Chocapic également, et me suis rabattu, pour essayer, sur les Lucky Charms : céréales chocolatées avec des bouts de guimauve.



Rangez vos dents les enfants ! Les bouts de guimauve semblent être en réalité des bouts de sucre hyper solubles. Alors que l'on se régale avec les céréales au chocolat, on se retrouve à presser entre ses dents un bout de guimauve multicolore pas consistant, qui s'effrite instantanément en sucre pur. Quand je dis sucre pur, je parle d'une chose encore plus pure que du sucre en poudre. Les grains du sucre en poudre sont bien trop gros comparés à ce que deviennent les bouts de guimauve des Lucky Charms. Je n'ose même pas y goûter sans lait.



The Departed

Je suis allé voir The Departed après en avoir aperçu simplement la bande-annonce, sans véritablement en connaître le pitch et sans jamais en avoir entendu parler auparavant. Martin Scorsese à la réalisation. Leonardo Di Caprio, Matt Damon et Jack Nicholson dans les rôles principaux. Et la critique "Best Movie of 2006", citée par le trailer, qui résonne dans ma tête.



Le film est un remake d'Infernal Affairs. Pour faire simple, Matt Damon et Leonardo Di Caprio sont tous les deux flics. Tandis que Leonardo Di Caprio, sur le terrain, s'infiltre parmi les mafieux locaux, Matt Damon est un de leur complice et les informe des opérations qui se trament contre eux. Ils travaillent pour les mêmes personnes, savent qu'il y a un infiltré de l'autre côté mais ne se connaissent pas. Un synopsis exploité à merveille par un scénario excellent : les situations dans lesquelles se retrouve les personnages confèrent au film une tension jouissive. Les scénaristes d'Alias doivent être jaloux.



Et que dire de la prestation des acteurs ? Ils délivrent ici une partition parfaite, où plusieurs scènes sont dignes de la rencontre De Niro/Al Pacino. Individuellement excellents, ils culminent lors de leur confrontation. Sans le paraître, à faire monter la pression, le film est relativement long (2h30). Mais cela n'y changera rien : The Departed est un must-see.



Miami Vice, la classe

Michael Mann aime tourner de nuit et il le fait bien. Après avoir réalisé Heat et Collateral à Los Angeles, cette fois-ci il a posé ses caméras à Miami. Et le rendu de l'image est encore supérieur à celui de Collateral ! Les plans sont hyper travaillés, rien n'est laissé au hasard, c'est un ravissement pour les yeux : les voitures à l'entrée de la boîte de nuit, la réflection des immeubles sur le pare-brise de la voiture de nos deux héros, le hors-bord filant à toute allure sur une mer s'étalant à perte de vue, l'hydravion qui traverse les nuages... Comment ne pas craquer ?



Pour en remettre une couche, Mann s'auto-titille en réalisant une fusillade à la Heat, mais de nuit. La bande originale est excellente (des morceaux du prochain album d'Audioslave la composent en partie) et on a droit à une vraie fin, sans demi-tour bidon, où l'amitié est finalement plus forte qu'un amour de toutes façons impossible.



Visionner la bande-annonce en HD



La police a tous les droits dans SPL

Le cinéma d'action de Hong Kong est de retour et SPL le prouve d'une fort belle manière. Des flics veulent boucler le personnage incarné par Sammo Hung car c'est un méchant chef de triade, toujours relâché faute de preuves, et finalement tout ceci se règle à l'ancienne.



Les moments de castagne sont rares, mais ils sont d'une efficacité rare et l'ensemble du film baigne dans une ambiance de polar soutenue par une réalisation très soignée. Sammo Hung a la classe, et les coups lors des duels sont d'une rapidité hallucinante. L'affrontement à l'arme blanche qui précède le combat final est à ce titre énorme. Mention spéciale au combat final, qui intègre des mouvements de catch. Jouissif !