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Ben's Super Sweet 22

N'ayons pas peur des mots : j'ai passé hier soir ma meilleure soirée depuis que je suis au Canada. Bon d'accord, j'avoue que mon appart ne ressemble plus à rien... mais ça en valait largement le coup.



Nous fêtions en réalité l'annniversaire de Ben. Au passage, c'était également la dernière soirée de Jessica et de Katie, qui nous ont offert une énormissime photo d'elles avec Santa Claus. Il était prévu de commencer la soirée chez nous, d'aller au bar de minuit à deux heures du matin puis de finir la fête là où nous l'avions commencé. Ce formidable plan n'a pas tenu : l'ambiance était telle que nous avons oublié l'heure. Les bars étaient déjà fermés lorsque nous avons réagi.



Comme d'habitude, l'appart était peuplé de gens connus et d'inconnus (généralement 20%). Cette fois-ci, les inconnus avaient ramené avec eux une guitare et une copine. Il s'est avéré que la copine apprenait le français, et qu'elle avait vu notre ami Maynard trois fois en live : une fois avec A Perfect Circle, deux avec Tool. Et là ça devient de la folie. J'entends le pote de son fiancé qui démarre Rooster d'Alice in Chains à la guitare. Et me voilà en train de chanter/crier avec lui Yeah here come the rooster suivi du fameux You know he aint gonna die. Puis le monsieur joue les premières minutes de 10,000 days : incroyable.



Autres moments sympas : la distribution générale de journaux volés par Antoine, ma rencontre avec le fils d'un réfugié politique colombien et la présence de tous les gens que j'apprécie ici. Non, vraiment, cette soirée était excellente.



Cure de désintoxication culinaire

Même s'il est impossible de trouver de vraies pizzas à pâte fine et de mettre la main sur des chaussons aux pommes (ou bien encore des petits pains) ici au Canada, en 4 mois, on découvre de nouvelles choses. Pré-revue sans ordre d'importance de ce qui va me manquer niveau culinaire une fois revenu du Canada.



Les cookies maison


Habitué aux cookies durs, je prends finalement mon pied avec des cookies mous. Avec des pépites de chocolat, au miel ou aux céréales, petits ou grands...



Les beignets de Sobeys


Un large choix d'excellents beignets et donuts à seulement 50 cents. Arrêt imposé lorsque je passe à proximité.



Les wings du BO's


Premier bar où nous sommes allés et finalement meilleur endroit pour manger des wings et boire des jugs. Beaucoup de choix dans les parfums et des wings toujours chaudes.



Les pancakes


Pas eu beaucoup l'occasion d'en manger mais à chaque fois un pur régal. Laisser le sirop d'érable imprégner le tout pour un résultat optimal.



Les pops illimités


L'ultra classe. En payant aux alentours de $3 pour une boisson (non alcoolisée) dans les restaurants, on est en réalité illimité. Reste à intercepter le serveur à chaque fois que l'on a soif, pour qu'il remplisse à nouveau votre verre.



Les combos de TacoTime


Un fast-food mexicain. Un français qui aime les burritos. L'équation parfaite pour une addiction. Préparez $6,97 et vous aurez droit à votre dose : un burrito beef & cheese, mexican fries et 7UP.



Le mozza burger d'A&W


Grand gagnant des fast-food niveau burger. Légèrement plus cher que ses concurrents mais un poil meilleur. Le mozza burger, avec son steak, son bacon et son fromage, remporte la palme de l'équilibre. Les frites au goût sucré et la boisson, fraîche mais sans glaçon, parachèvent le tout.



Les Slurpee


Basiquement une boisson glacée, sauf qu'on ne se retrouve pas avec des glaçons sans goût au bout de cinq minutes. De plus, les parfums sont inspirés de vraies boissons (Coca-Cola, Fanta, Dr. Pepper...) et on en trouve dans les magasins de proximité type 7-Eleven. Du sucre pur une fois de plus.



A la suédoise

Dans son invitation, Kirby avait mentionné une baignade dans son hot tub. C'était il y a trois semaines, avant l'incroyable chute des températures de ces derniers jours (-25° sans wind chill, plus de -30° avec). Mais Kirby a une confiance aveugle en son hot tub, et finalement ça se comprend.



Malgré la température extérieure, l'eau était à 40°, comme promis. Le plus dur aura été de la rejoindre torse et pieds nus (les trois plus longs mètres de ma vie) et d'avoir ensuite l'impression de se bruler la peau les premières secondes.



Après, ce n'est que du bonheur. On fait son malin en se disant qu'on est dehors à moitié nu, on oublie que l'eau sur nos cheveux est devenue complètement gelée et qu'à un moment ou à un autre il faudra bien rejoindre l'intérieur. J'étais tellement motivé la première soirée que j'ai fait deux ou trois petites excursions allongés dans la neige. Choc thermique assuré.



A noter que l'eau du hot tub est en fait constamment maintenue à une température élevée par une alimentation électrique. Un peu comme si on réchauffait perpétuellement une baignoire. Ce n'est pas encore l'heure de l'économie d'énergie au Canada.




Bric à brac

Alors qu'il est sorti sur les écrans français à l'occasion du Festival de Cannes le 24 mai, Marie Antoinette est sorti ce vendredi au Canada et aux Etats-Unis par la même occasion. Situation inédite pour un film américain. Alors que je n'en avais strictement rien à foutre lors de sa sortie en France, la campagne médiatique dont il bénéficie ici éveille mon intérêt. Si je ne trouve pas de rip correct dans la semaine je vais peut-être m'aventurer dans les salles obscures.



Je suis impressionné : moi qui me croyait seul capable d'émettre des ultrasons, je viens de trouver un élève en la personne de Natacha(tte), la roomie d'Alexandra. L'oreille humaine ne peut pas localiser précisément d'où viennent les basses. Cela semble être de même avec les ultrasons. J'en lance donc sur demande lorsque je suis d'humeur en soirée.



Le Canada donne faim. J'ai beau manger plus qu'en France, je me sens toujours affamé. Même chose pour Alex, Ben et Antoine.



Les canadiens ne doivent pas être friands de céréales chocolatées : difficile d'en trouver dans les rayons. De même, je trouve plus de céréales Kellogg's dans les rayons d'Auchan en France que dans ceux de Superstore ici. Impossible de trouver des Chocos, des Frosties Choco ou des Crisp-X. J'ai fait un trait sur les Chocapic également, et me suis rabattu, pour essayer, sur les Lucky Charms : céréales chocolatées avec des bouts de guimauve.



Rangez vos dents les enfants ! Les bouts de guimauve semblent être en réalité des bouts de sucre hyper solubles. Alors que l'on se régale avec les céréales au chocolat, on se retrouve à presser entre ses dents un bout de guimauve multicolore pas consistant, qui s'effrite instantanément en sucre pur. Quand je dis sucre pur, je parle d'une chose encore plus pure que du sucre en poudre. Les grains du sucre en poudre sont bien trop gros comparés à ce que deviennent les bouts de guimauve des Lucky Charms. Je n'ose même pas y goûter sans lait.



Les Rocheuses portent bien leur nom

Après un vendredi soir de fête (dont vous verrez peut-être un jour les photos), nous sommes partis samedi matin en direction du parc national de Banff en compagnie de Steph. Etonnament en forme, j'ai profité à fond de la journée. Nous avons emprunté un téléphérique qui nous a permis de bénéficier d'un panorama impressionnant sur les Rocheuses : ici la montagne n'est pas face à soi, elle est autour de soi, à chaque instant.



Les grands plateaux qui composent les Rocheuses ont permis aux Canadiens de tracer des routes relativement larges, quand on sait que tout ici est préservé. Selon le Guide du Routard, les paysages sont tels que les premiers Européens les ont vus. Ainsi, fourmille dans les forêts des milliers d'animaux sauvages : ours, cougars, loups, chevaux... Mais nous n'avons rien vu de tout ça ! Lot de consolation : des chèvres des montagnes, également appelées mouflons des chèvres (mais uniquement par Steph).



Le soir, nous avons testé un petit restaurant. Si vous aussi, après avoir ouvert plus de trois secondes la porte d'entrée de votre maison, vous vous prenez la remarque "tu chauffes la rue ?", venez habiter au Canada. La terrasse était chauffée, et contrairement aux terrasses lilloises, aucune forme d'isolation n'était là pour conserver la chaleur.



Nous avons ensuite passé la nuit à Dead man's flat, dans un motel. Souris à l'extérieur mais pas à l'intérieur. Profitant du magnétoscope à notre dispotion, nous avons loué une VHS des Simpson : un épisode spécial Noël. A première vue, j'ai pensé qu'un épisode dit spécial devait être bien long. Que nenni ! 25 minutes d'un épisode mal dessiné, où l'on apprend (tout de même) comment les Simpson ont obtenu leur chien. Produire une VHS de 25 minutes, c'est un peu comme graver trois gif animés sur un CD vierge. Pendant ce temps-là, Alex avait été déclarée cliniquement morte. Des photos d'elle allongée sur son lit d'hôpital peu avant l'arrêt cardiaque sont disponibles dans la galerie.



Lendemain matin, réveil en sursaut par une Steph bourrée d'énergie (incroyable, elle ne semble pas connaître la phase du réveil) et départ pour Lake Louise. On pourrait se dire que Lake Louise c'est petit, que ça ressemble au reste. On se trompe. Lake Louise c'est un choc. Une vue incroyable : un lac turquoise, un glacier et deux énormes versans de montagne réunis.



Pour rejoindre Red Deer, sur les conseils avisés du père de Steph, nous sommes passés par la route des glaciers. Avec tous les arrêts photos qui se sont imposés d'eux-même, nous avons mis près de 5 heures pour rentrer chez nous au lieu des 3 heures prévues. Je ne sais pas ce que des lacs font ici, en pleines Rocky Mountains, mais c'est très joli.





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I just want to work !

Too bad too sad comme on dit. Etant au Canada pour une periode de moins de 6 mois, l'entree dans le pays en tant que citoyen francais n'a pas pose de probleme. Je n'ai pas besoin de visa de travail ni de visa d'etudiant pour rester ici. Mais pour pouvoir travailler c'est autre chose.



Premier essai la premiere semaine durant la job fair du Capri Hotel : nous sommes trois a postuler et la personne qui nous recoit semble emballee par l'idee de nous embaucher. Nous le prevenons que nous n'avons pas de visa de travail : il hesite, puis l'option travail au noir nait dans son esprit et se desintegre instantanement. Non, il ne peut pas nous payer cash.



J'explique mon cas au departement international de l'ecole, qui nous dit que travailler sur le campus sans visa de travail est possible. Sans visa de travail oui, mais pas sans permis d'etude. Je viens de l'apprendre a mes depens. Imaginez : je postule pour devenir tuteur de francais, je suis retenu, et lettre de l'ecole en main je me presente au bureau de l'emploi d'Alberta afin d'obtenir un numero de securite sociale, pour que l'ecole puisse me payer. Mais avec mon statut actuel, impossible d'obtenir quoi que ce soit.



De retour a l'ecole, je demande au departement international de telephoner au centre d'immigration canadien afin de savoir comment obtenir un permis d'etude. Resultat : je dois postuler aupres d'une ambassade canadienne exterieure au pays, avec peut etre l'obligation de m'y rendre en personne pour une courte interview. L'ambassade la plus proche est aux Etats-Unis. Si je desire y aller j'ai egalement besoin d'un visa special. Dans tous les cas l'obtention de ce permis d'etude n'est pas gratuite : il coute $125. Je suis pret a les payer si je peux reussir a l'avoir sans trop voyager.



En attendant, le departement international se renseigne afin de savoir s'il est possible de rendre telephonique l'entretien, ce qui faciliterait grandement les choses. Reponse demain.



Lost in Transition

Malgré seulement 2 heures de cours en ce jour de rentrée, nous avons réussi à manquer la deuxième session. Normalement c'est très simple : Entrepreneurship en salle 1325. Sur la porte, un papier nous indique que la salle a changé, donc demi-tour direction la classe 819A, où nous avons assisté à notre premier cours.



Au bout de cinq minutes, nous réalisons que nous sommes en fait dans un cours de Microeconomics. Le nom du professeur ne correspond pas, les heures de cours non plus. Quelques longues secondes passent puis j'interromps le professeur et lui lance un vieux I think we are in the wrong room. En gros il nous répond qu'on peut sortir, ce que l'on s'empresse de faire.

Weird things

On peut remarquer quelques choses étranges ici au Canada. Tout d'abord, la totalité des packagings est bilingue : l'anglais et le français sont les langues officielles et le gouvernement impose aux entreprises le double affichage des informations relatives aux produits.



Cela donne des choses bizarres, car des mots non traduits en France le sont ici. Colgate Fresh Stripe devient Colgate Rayures Fraîcheur, le mot airbag est remplacé par coussin à air... La liste est longue. A noter que même certains noms de marques sont translatés. Ainsi, la marque no name ® (déjà bien ridicule comme nom de marque) s'appelle sans nom ® côté francophone du packaging.



Les rayons de paquets de céréale sont immenses mais ne proposent pas grand chose, et, sacrilège, j'ai acheté par mégarde un paquet de Cheerios sans miel !



Les cabines téléphoniques du campus sont également particulières. Je viens enfin de remarquer qu'un autocollant Phone cannot receive calls est soigneusement déposé sur cette délicate machine. Alors pourquoi afficher juste en dessous le foutu numéro de cette putain de cabine injoignable ?



City Sightseeing Red Deer

Red Deer - Samedi 2 septembre, 01:46 am



Nous avons commencé la soirée dans une sorte de brasserie appelée Boston Pizza. Mes premières impressions musicales se confirment : j'ai eu l'occasion d'y entendre Lateralus de Tool, No Excuses d'Alice in Chains et I Am the Highway d'Audioslave. Assis à la table, j'aperçois au loin quelqu'un qui porte un t-shirt Tool. Tom m'indique qu'aborder les gens ne les dérange pas. Je discute donc avec ce parfait inconnu et il me raconte qu'il a assisté au concert du 25 août à Edmonton. Best concert ever me dit-il.



Puis direction un bar de lap-dancing. Une fille à la fois. Une fois nue, elle s'assoit, jambes écartées, puis tient un cône en carton dans lequel les clients peuvent lancer des pièces de monnaie. Beaucoup moins impressionnant qu'il n'y paraît. Tom et Ben nous en ensuite amenés dans un autre endroit. Pour rentrer il faut passer par un détecteur de métaux et subir une fouille suscinte, comme dans un aéroport, afin d'éviter l'introduction d'armes blanches. Le DJ a quand même réussi à passer deux morceaux deux fois en une demi-heure.

Don't Get Lost in Heaven

Je le vois sur mon PC : il est 11h16 en France, 3h16 ici au Canada et il sera je ne sais quelle heure quand je publierais cet article.



Nous avons rejoint deux escipiens qui vivent à Red Deer, Tom et Ben. Tom est en troisième année à l'ESCIP et Ben est en quatrième année. Ils sont tous les deux en stage chez Enterprise, une entreprise de location de voitures qui tourne bien.



C'est la deuxième fois que nous passons une soirée avec eux et leurs amis et collègues canadiens. Hier soir chez Tom, aujourd'hui à BO, genre de café où l'on peut manger des wings.
La première soirée m'a permis de découvrir le terme cougar : des femmes mûres en quête de chair fraîche. En revanche, le terme MILF ne m'étant pas inconnu, je suis passé pour ce que je ne suis pas.



Le responsable de Tom, Andrew, 24 ans, est l'heureux propriétaire d'une Audi A4, perdue au milieu des pickups et des grosses berlines. Il est fan des voitures performantes et a ramené des photos de Peugeot et de Citroën de son séjour à Paris en août. Tom avait quant à lui emprunté une Dodge Magnum à son boulot. Mais ici cela paraît normal.



L'impression d'être dans un décor de films est loin de s'estomper : les magasins ressemblent à ceux dans lequel la mère de Malcolm travaille, les routes font penser à des circuits de Burnout, on peut commander des pizzas et manger dans les fast-food à n'importe quelle heure... Les feux tricolores sont situés de l'autre côté des carrefours et les dégagements à droite sont possibles même lorsque les feux sont rouges.



La température a déjà bien baissé : 10° aujourd'hui, alors qu'il faisait 30° lorsque nous sommes arrivés. A cette vitesse il fera -20° en fin de semaine.



Niveau anglais, tout le monde me comprend et je comprend presque tout le monde, même si je dois faire répéter certaines personnes. Mais c'est très plaisant de constamment être plongé dans un univers anglophone : la langue, la musique, les gens... Andrew connait System of a Down, Nine Inch Nails et Tool. Le paradis ? On verra bien !