nostalgie

Majora's Mask, 15 ans plus tard

Fin 2000, pendant que je complétais les missions de Perfect Dark sur Nintendo 64, mon frère parcourait la plaine de Termina dans Majora's Mask.

Pour une raison que j'ai oublié, mon frère n'avait pas le droit de jouer à Perfect Dark et, réciproquement, je n'avais pas le droit de jouer à Majora's Mask. Je suis donc passé à côté du jeu en tant que joueur, mais pas en tant que spectateur.

Les mécaniques de gameplay, l'univers sombre et les graphismes m'avaient rebuté à l'époque, et je ne voyais en Majora's Mask qu'un sous-Ocarina of Time.

Faisons un bon dans le temps 15 ans plus tard. Je viens de terminer A Link Between Worlds sur Nintendo 3DS. Le jeu est plaisant à parcourir, mais l'absence de difficulté le rend court et frustrant. Aucune énigme ne m'aura donner de fil à retordre et je n'ai ressenti aucune satisfaction dans leur résolution.

C'est avec ce sentiment de frustration et d'inachevé - je veux ma dose de Zelda - que je décide de me confronter à un plus gros challenge : Majora's Mask sur 3DS. Et je suis heureux de m'y être frotté.

Compléter le jeu a été une sensation unique, à mi-chemin entre découverte (je n'y avais jamais joué) et nostalgie (j'avais quasiment tout vu). La difficulté globale est nettement supérieure aux Zelda récents et le jeu récompense la dextérité et l'esprit.

2 phases de jeu m'avaient particulièrement marqué à l'époque de par leur côté retord : la course poursuite du majordome dans l'Autel Mojo, et les rebonds contre les coffres sur la Lune en tant que Goron. J'ai étrangement réussi à les passer facilement, non sans avoir eu des frissons en les revoyant.

Si le jeu est extrêmement bien construit, il n'en reste pas moins que le compléter à 100% laisse un goût amer en bouche : la fin est anecdotique et collecter tous les masques et tous les quarts de coeur n'a aucun impact sur l'univers. Dommage, car les temples font partie des meilleurs de la série.

Internet : l'infini s'arrête ici

Internet est un puit d'informations sans fond, et je me souviens encore du "sentiment d'infini" que j'ai ressenti lors de mes premières heures de surf à la fin des années 90. A l'époque, le web était une affaire d'artisans, de bricoleurs du dimanche qui publiaient des contenus originaux dans un contenant lui aussi original : ceux qui éditaient du contenu pour le web avaient généralement quelque chose à dire ou à montrer - il fallait alors franchir les barrières du "webmastering" (HTML, FTP etc.). Ces barrières ont disparu grâce aux CMS et aux plateformes de blog, et si le contenu du web est devenu plus conséquent, il est surtout devenu incroyablement moins qualitatif.

Dans un même temps, le Net s'est professionnalisé, est devenu un média de masse et un moyen de faire du "fric" comme un autre. Tout est question de visibilité et de trafic, le contenu est généré par des scripts et des fermes de contenu sont en charge de pousser des informations à caractère commercial. Tout semble calculé, les grosses ficelles du marketing multicanal ont envahi Internet et nous sommes noyés sous un flot de publicités qui ne s'assument pas.

Je suis nostalgique de l'époque où Internet n'avait pas le côté "fini" qu'il a aujourd'hui, avec ses énormes acteurs qui centralisent la majeure partie du trafic. Par fainéantise, par méconnaissance ou par stupidité, nous donnons les clés du réseau à des acteurs privés alors que nous sommes tous égaux sur Internet, en tant que producteurs et consommateurs.